Rouge, Blanc, Bleu.

Il y a eu Just Fontaine, il y a Hugo Ekitike. Il y a eu des records légendaires, il y a des belles histoires encore à écrire. Depuis sa création, le Stade de Reims s’est affiché comme un fournisseur de choix pour l’Équipe de France. Alors que les hommes de Didier Deschamps s’apprêtent à faire leur entrée dans cette Coupe du Monde, profitons-en pour revenir sur cette belle histoire commune faite de Rouge, de Blanc, et de Bleu.

Marcel Capelle, André Tassin et Raymond Sentubéry : les premiers de la lignée

La saison 1935-36 marque l’arrivée au Stade de Reims des premiers joueurs ayant également porté les couleurs tricolores. Et si ce n’est pas sous le maillot champenois que Raymond Sentubéry, Marcel Capelle et André Tassin ont honoré leur première sélection (respectivement en 1924, 1930 et 1932), ils inscrivent toutefois leur nom dans l’histoire du SDR comme les premiers internationaux français à porter le maillot Rouge & Blanc.

Albert Batteux : joueur puis entraîneur des Bleus

Comme au Stade de Reims, Albert Batteux s’est d’abord illustré sur le terrain avant de prendre les commandes de l’équipe. Fort de huit sélections en tant que joueur, Albert Batteux est nommé entraîneur de l’Équipe de France après l’échec en Coupe du monde 1954, qu’il parvient à hisser jusqu’en demi-finale de l’exercice quatre ans plus tard. Au fil de son aventure à la tête des Bleus, il fera briller de nombreux Rémois qui auront grâce à lui tout le loisir de marquer l’histoire du football français.

Raymond Kopa : l’excellence à la rémoise

Un an après avoir posé ses bagages à Reims, Raymond Kopa est appelé en Équipe de France. Le 5 octobre 1952, il porte pour la première fois le maillot bleu face à l’Allemagne, premier des quarante-cinq matchs qu’il vivra sous les couleurs de son pays (dont 6 avec le brassard de capitaine). Deux ans plus tard, il est appelé pour disputer sa première Coupe du Monde en Suisse. Tête de série de son groupe, la France manque le rendez-vous et ne parvient pas à se qualifier pour la suite de la compétition et marque une première note terne dans le rêve bleu de Raymond Kopa. Après cet échec, le Rémois d’adoption redouble d’efforts pour ne pas revivre une telle désillusion. Face à l’Espagne en 1955, il signe l’une de ses meilleures performances sous le maillot bleu et hérite alors de son surnom : « Le Napoléon du Football ». Lors de ce match, il attire l’œil des recruteurs du Real Madrid qui font venir l’attaquant français quelques mois plus tard. Loin de Reims, son aventure en Équipe de France continue de s’écrire puisqu’il est de nouveau convoqué pour le Mondial de 1958. En Suède, le Français fait équipe avec Dominique Colonna, Armand Penverne, Roger Piantoni, Jean Vincent et Just Fontaine, avec qui il partage sa chambre durant la compétition. Cette promotion à l’accent rémois, entraînée par le non moins Rémois Albert Batteux, parvient à se hisser jusqu’en demi-finales mais devra se contenter de la troisième place, coupée dans son élan par le Brésil de Pelé, futur vainqueur de l’exercice.

Just Fontaine : l’imbattable record

Il est de ces records qui marquent l’histoire du sport. Le football se développe continuellement et ses plus belles performances se voient sans cesse être dépassées. Au milieu de cette course aux records, l’un d’eux, vieux de bientôt 70 ans, subsiste encore. Comme un témoignage de la richesse du passé de notre Club, comme un rappel de la grandeur du Stade de Reims et de ses joueurs. Lorsqu’il arrive à Reims en 1956, Just Fontaine n’a connu l’Équipe de France qu’une seule fois, trois ans plus tôt lors d’un match face au Luxembourg où il avait inscrit un triplé. À Reims, Justo trouve parfaitement sa place et montre aux yeux de tous l’étendue de son talent.  Il ne tarde pas à retrouver le maillot frappé du coq et s’offre une montée en puissance saisissante au fil des années. En 1958, il remporte le championnat et la Coupe de France avec le SDR et termine largement meilleur buteur avec 34 réalisations. Naturellement, il est convoqué pour la Coupe du Monde en Suède. C’est là-bas qu’il entrera dans la légende du football mondial. La France réalise un parcours remarquable jusqu’en demi-finale mais la performance qui restera dans toutes les mémoires est celle de Just Fontaine, buteur à treize reprises lors de cette Coupe du Monde, record qui reste, aujourd’hui encore, inégalé. 

Robert Jonquet : le Rouge & Blanc le plus capé chez les Bleus

Arrivé au Club pendant la Seconde Guerre mondiale, le défenseur rémois s’impose rapidement comme l’un des hommes forts du onze rémois. Solide, élégant et doté d’une remarquable intelligence de jeu, il devient l’un des piliers de l’âge d’or du Stade de Reims. Sous le maillot bleu, Robert Jonquet dispute 58 rencontres entre 1948 et 1960. Capitaine de l’Équipe de France à de nombreuses reprises, il participe notamment aux Coupes du Monde 1954 et 1958. Le destin lui réserve toutefois un épisode cruel. En demi-finale face au Brésil de Pelé, Robert Jonquet se fracture le péroné après un choc avec Vavá. Les remplacements n’étant pas autorisés à l’époque, il doit terminer le match diminué, ce qui contribue malheureusement à sceller définitivement l’issue de la rencontre et la défaite française. Avec ses 58 sélections, Robert Jonquet demeure aujourd’hui le joueur ayant porté le plus grand nombre de fois le maillot de l’Équipe de France alors qu’il évoluait au Stade de Reims. Un record qui illustre parfaitement l’empreinte laissée par ce monument du football français dans l’histoire du Stade de Reims comme dans celle des Bleus.

Hugo Ekitike : né à Reims pour briller

C’est en Champagne qu’il a tout appris. Comme Albert Batteux, Michel Leblond ou encore Robert Pirès avant lui, Hugo Ekitike est né à Reims et a connu l’Équipe de France. En septembre 2025, Hugo a connu sa première sélection avec les Bleus, en entrant en jeu face à l’Ukraine. Depuis, le jeune buteur a prouvé qu’il avait sa place dans cette équipe et compte depuis huit sélections et deux buts. Lancé à pleine vitesse vers le Mondial, seule une blessure pouvait le couper dans son élan. C’est malheureusement ce qui s’est produit au mois d’avril, lorsqu’il est victime d’une rupture du tendon d’Achille face au PSG, synonyme d’absence pour la plus belle des compétitions. Le rêve d’Hugo n’a pas pu prendre vie aussi vite que prévu, mais notre ancien numéro 22 saura à n’en pas douter revenir au meilleur de sa forme pour éclabousser le monde entier de son talent.

Ewen Jaouen, Valentin Atangana, Noah Sangui : la relève est assurée

En avril 2026, le Stade de Reims a eu la fierté de voir trois joueurs passés par son Académie appelés en Équipe de France Espoirs, ce qui faisait du Club l’une des institutions les plus représentées lors de ce rassemblement. Ces convocations constituent une véritable fierté pour le SDR, qui met tout en œuvre pour révéler au quotidien les talents de demain. Une belle reconnaissance qui ne demande désormais qu’à se confirmer à l’étage supérieur, chez les A.

Arone Gadou, Tidiane Diarrassouba : l’avenir s’écrit aujourd’hui

La réputation de la formation rémoise n’est plus à faire. Chaque jour au Centre de vie Raymond Kopa, le Stade de Reims construit, grâce à ses entraîneurs, son équipe éducative et la qualité de ses infrastructures, les footballeurs de demain. Preuve de l’excellence de l’Académie du SDR, de nombreux jeunes Rémois sont très fréquemment convoqués en équipe nationale. C’est le cas d’Arone Gadou et Tidiane Diarrassouba, qui défendent régulièrement les couleurs de la France. Le premier est un pur produit de la Marne. Né à Reims, Arone Gadou a grandi dans la Cité des Sacres et s’est drapé de Rouge & Blanc dès l’âge de 8 ans. Aujourd’hui, il évolue avec l’Équipe de France U17, avec laquelle il a récemment participé au Championnat d’Europe de la catégorie avant de se projeter dans les mois qui viennent sur la Coupe du Monde U17. Une compétition à laquelle avait déjà goûté son coéquipier en Rouge & Blanc, Tidiane Diarrassouba, en novembre 2025. À ce jour, Tidiane est régulièrement convoqué dans la catégorie supérieure, chez les U18.

Roger Marche (joueur passé par le Stade de Reims le plus capé en Équipe de France), Armand Penverne, Jean Vincent, Roger Piantoni, Lucien Muller, Léon Glovacki, Georges Lech, Pierre Flamion, Jules Vandooren… La liste est encore longue et très loin d’être exhaustive. Ils sont en effet plus d’une cinquantaine à avoir porté au cours de leur carrière les plus beaux des maillots, celui du Stade de Reims et celui de l’Équipe de France. Ces deux institutions forment une histoire commune qui dure depuis des décennies et qui continuera, à n’en pas douter, à s’enrichir de nouveaux jolis chapitres dans les prochaines années.

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