
Il est tombé amoureux du Stade de Reims à 10 ans. Huit décennies plus tard, à 90 ans, Daniel Wargnier vit toujours au rythme des Rouge et Blanc. Figure bien connue des supporters rémois, toujours fidèle à la boutique Méano, il a vu passer les plus grands noms de l’histoire du club et accumulé assez de souvenirs pour raconter le Stade de Reims pendant des heures. Voici quelques sacrées histoire de Daniel Wargnier :
L’appel du Stade même pendant le mariage de son fils
« En 1984, c’était le mariage de mon fils aîné. Je lui avais dit que je m’absenterais discrètement pour aller au stade et que personne ne s’en apercevrait. À mon retour, il m’a lancé : « Papa, qu’est-ce qu’a fait le Stade ? » Les invités ont vite compris où j’étais passé. Ce jour-là, on a gagné 3-1 contre Angoulême. »
Pour nous, le Stade était la meilleure équipe d’Europe
« J’ai suivi la finale contre le Real Madrid en 1956 à la télévision. On a mené à deux reprises, on pensait tous qu’elle était pour nous. On imaginait déjà la fête qu’on allait faire le soir même. Pour nous, le Stade de Reims était la meilleure équipe d’Europe. En 2006, on m’a proposé de me rendre à Madrid pour le match célébrant les 50 ans de la finale, mais j’ai refusé. J’étais persuadé que le Real Madrid allait aligner une équipe remaniée. C’est mon plus grand regret. »
Fidèle à la boutique Méano
« Depuis toujours, je tiens la boutique Méano. À l’époque, les sièges du stade étaient en bois (rires). J’aime le contact avec les gens. L’hiver, je tiens aussi le chalet de Noël. Cette année, j’ai eu un souci de santé. Beaucoup de personnes demandaient : « Il est où, Daniel ? Quand est-ce qu’il revient ? ». Tout le monde ne le comprend peut-être pas, mais le Stade de Reims, c’est ma vie. Alors tout n’est pas parfait mais je soutiendrai toujours le club.»
Un musée à la maison
« Chez moi, dès qu’on ouvre un tiroir, on tombe sur quelque chose du Stade de Reims. J’ai des dédicaces de tous les anciens, Kopa, Fontaine, des porte-clés de la Coupe de France 1956 et bien sûr des maillots. Je me souviens notamment de Christophe Delmotte. Il m’avait promis un maillot avant de partir. Deux ans après, un matin, au chalet de Noël, je vois quelqu’un faire les cent pas devant l’entrée. Il vient me voir et me dit : « Daniel, je t’ai toujours promis un maillot. Je te le ramène. »
Le souvenir le plus douloureux
« Le souvenir le plus douloureux, c’est sans hésiter le match contre Metz l’année dernière. Celui-là m’a vraiment brisé. Après le match, je ne voulais parler à personne. J’étais exécrable. Ma fille, qui est pourtant toujours très présente, voulait passer me voir. Je lui répondais : « Non, laisse-moi tranquille. » J’avais besoin d’être seul. Ça n’a pas duré qu’un ou deux jours : il m’a fallu au moins quinze jours pour m’en remettre. »
Le jour où Alain Afflelou a racheté les trophées
« Le jour où les trophées du Stade de Reims ont été vendus, ça m’a révolté. Quand j’ai appris qu’Alain Afflelou les avait rachetés, je suis allé le voir et je lui ai dit : « Monsieur, vous êtes un voleur. Ces trophées appartiennent au Stade de Reims, pas à quelqu’un d’autre. » Il m’a regardé et m’a répondu : « Je vous promets que je les rendrai. » Quand il a rendu les trophées, il m’a écrit sur une carte : « Comme promis, je restitue les trophées du Stade de Reims. » Je l’ai toujours chez moi. »