Interviews

 

5 janvier 2012

 

 

Olivier Létang dresse le bilan de la 1ère partie de saison et développe les objectifs à venir.

 

 

 

Le bilan :

Le bilan de cette première partie de saison est forcément intéressant. Être second après la dix-huitième journée est une position favorable. Les seuls bémols viennent de notre élimination prématurée en coupe de France et de notre parcours difficile à l’extérieur depuis la victoire à Monaco le 15 Août dernier.  Nous avons globalement connu une très bonne année 2011 ponctuée par le titre de meilleur club de Ligue 2 sur l’année civile. Cela signifie qu’il ne s’agit pas d’un épiphénomène mais de résultats obtenus dans la durée. Jusqu’à aujourd’hui, personne ne nous a rien donné.


Il faut féliciter les joueurs qui sont allés chercher les victoires, le staff technique ainsi que tout le club qui travaille au quotidien pour que l’équipe soit performante.

 

 

 

 

Plus globalement, et comme je l’avais indiqué l’année dernière à la même époque (à relire juste en dessous de ce bilan), nous, dirigeants, avons remis en place un projet pour le Stade de Reims en juin 2009 suite à la relégation dans le championnat National. Depuis, les objectifs ont été atteints avec une remontée immédiate en Ligue 2, puis un maintien confortable lors de la saison 2010/2011.

Même si cela a été dans la douleur après une première partie de saison difficile, nous avons terminé 10ème et nous avons réalisé un très beau parcours en Coupe de France.

 

 

 

 

 

Pour cette saison, l’objectif était de consolider notre place dans le championnat en faisant mieux que la saison précédente. Le club bouge, il  avance positivement et ce sur quoi nous insistons largement, à savoir l’état d’esprit et la personnalité des joueurs ou autres personnes que nous intégrons sont fondamentaux. J’avais demandé il y a un an le soutien de tous et de toutes les composantes du club. Aujourd’hui, même si les résultats sont meilleurs, nous avons toujours besoin que tout l’environnement du club soit derrière notre équipe. Je pense à nos supporters, à nos partenaires, au monde politique…

 

On se construit sur ce que nous avons vécu ces dernières années. Nous avons beaucoup appris dans la difficulté et au travers des défaites. Je tiens de nouveau à remercier toutes celles et ceux qui nous ont encouragé dans la difficulté. Nous avons reçu de nombreux témoignages de soutien. Il ne faut pas oublier ces périodes là d’où le fait que nous gardions la tête froide, que nous restions très lucides. Comme une équipe sur le terrain, ces résultats ne sont pas le fruit du travail d’un seul homme mais celui de l’engagement et du travail de tout un club.

 

 

 

 

Pour en terminer sur le bilan, si nous nous satisfaisons de ces résultats et si nous arrêtons de vouloir progresser, nous connaitrons rapidement des difficultés.  Nous demandons donc à toutes les composantes du club d’être en éveil et de rechercher les axes d’améliorations en permanence.

 

 

Les objectifs :

En tant que dirigeants, nous avons 2 types d’objectifs. Il y a les objectifs courts termes, je veux parler ici de la fin de la saison 2011/2012. Mais nous devons également anticiper l’avenir du club à Moyen et Long termes.

 

En cette année de 80ème anniversaire du Stade de Reims, nous avons pu voir que le Stade de Reims est un club magnifique qui fait partie du patrimoine du football français et européen.  Il est également un ambassadeur formidable pour la ville, le Département et la Région. Néanmoins, comme je l’avais également indiqué il y a un an, il faut également regarder le passé. Ce grand club était en Division d’honneur il y a 19 ans, à un moment ou les clubs se sont très largement professionnalisés. Il est toujours intéressant de se comparer aux autres. Il reste beaucoup de choses à faire et de nombreux domaines dans lesquels le club doit encore progresser, que ce soit dans le secteur technique professionnel, au niveau administratif ou en matière de formation, même si encore une fois le club a largement évolué depuis 10 ans. Les victoires actuelles ne doivent pas nous faire oublier où nous voulons aller, à savoir continuer à construire un club solide et pérenne au niveau professionnel en continuant à grandir, tout en sachant que les « marches » entre les divisions sont de plus en plus hautes.

 

 

 

 

 

 

 

Après le retour au professionnalisme, l’agrément du centre de formation, le renforcement de l’organigramme du club et le Stade, le prochain dossier important et fondamental est le lieu de vie du club.

 

Pour revenir au court terme et à la saison 2011/2012, nous devons bien évidemment être ambitieux tout en restant très humbles. Notre élimination en coupe de France démontre le fait qu’il faut être très vigilant. Pour ceux qui diront que nous ne sommes pas ambitieux en n’indiquant pas haut et fort que nous jouons la montée en Ligue 1 dès à présent, je réponds que l’humilité n’est pas l’ennemi de l’ambition. Il faut respecter tous nos adversaires car nous sommes dans une compétition très homogène dans laquelle tout le monde peut battre tout le monde. Il nous reste 20 échéances, il n’y a pas de gros écarts au classement entre les équipes. Les équilibres sont fragiles. Il ne faut pas oublier que parmi les 6 clubs qui étaient en tête du championnat l’an passé à la trêve hivernale, seul Evian, qui était second a accédé à la Ligue 1…

Notre objectif est toujours celui des 45 points le plus rapidement possible et de jouer les matches les uns après les autres pour les gagner. Si nous sommes en position favorable courant Avril, cela voudra dire que nous avons été performants et que nous aurons gagné un certain nombre de rencontres. A ce moment là seulement, nous pourrons communiquer sur un autre objectif. Ce n’est pas un discours de façade mais du bon sens. Il nous faudra aussi changer la donne à l’extérieur car cette équipe, ce groupe a toutes les qualités pour gagner des matches non seulement à domicile mais aussi à l’extérieur. La clé de notre seconde partie de saison sera mentale. Au-delà de la préparation physique, la préparation technique ou tactique, l’approche mentale et psychologique sera déterminante. Comme nous le disons depuis le début de la saison, ce groupe a de la qualité et un très bon état d’esprit. Les vertus mentales, l’état d’esprit, l’exigence, l’humilité et le travail en équipe sont les valeurs sur lesquelles nous allons insister. Notre premier objectif sera de ne pas avoir de regrets et de donner le maximum. Les victoires se construiront en équipe, en groupe, en club. Il est impératif de non seulement ne pas se relâcher mais aussi de conserver et  renforcer les ingrédients qui nous ont permis d’avoir ces résultats.

 

Quoiqu’il arrive, nous aurons besoin de mobiliser toutes les énergies et du soutien de tous.

 

 

 

 

 

 

Le mercato :

Nous avons un groupe compétitif et équilibré dans lequel nous avons confiance. Si nous devions connaitre des indisponibilités, en espérant que ce ne soit pas le cas, nous pourrions avancer sur certains dossiers. C’est par exemple le cas avec la blessure de Gaetan COURTET. Si le diagnostic médical devait indiquer une indisponibilité assez longue, il est possible que nous avancions sur certaines pistes. Nous devrions également faire signer un jeune joueur talentueux. Dans ce cas, il ne s’agit pas d’une vision à court terme mais de préparer l’avenir.

Notre club avance, soyons fiers de lui.

 

Puisque nous sommes en période de voeux, je souhaite à toutes et à tous une très belle année 2012.

 

 

 

 

 

 


 

 

A relire - 24 décembre 2010

 

Olivier Létang



Quel bilan tires-tu de ces six premiers mois ? 


1)  Avant de parler du bilan de mi-saison, je souhaite faire un retour en arrière. Il faut remettre certaines choses en perspective. Quand je suis arrivé au club*, le Stade de Reims était en CFA2, il y avait 2 salariés et un budget d’environ 400.000 euros. A cela s’ajoutait un détournement de fonds pour environ 110.000 euros  et des redressements sociaux et fiscaux pour environ 120.000 euros. Aujourd’hui, le Stade de Reims, c’est environ 11.000.000 d’euros de budget, un centre de formation, 65 salariés permanents et environ 200 personnes qui travaillent pour le club les jours de matches. Si on ajoute à cela, le joyau qu’est notre nouveau stade, le Stade de Reims est passé d’un niveau régional à un niveau national professionnel. Il ne faut pas non plus oublier qu’il y a un an, le club était en National. Tout cela pour dire qu’il y a une vraie évolution. Une petite minorité a beau essayer de parasiter ce message : les faits sont là. Maintenant, comme tout le monde, nous sommes frustrés de notre première partie de saison. Nous avons 19 points, nous sommes 18ème mais j’ai des raisons d’y croire et j’ai réellement confiance.

 

 

2)   Un projet : comme je l’ai déjà dit, suite à la descente en National, il y a eu une remise en question, une vraie analyse de fond. Nous avons mis en place un nouveau projet sur tout le club et j’insiste bien sur cet élément.



Le projet porte sur toutes les composantes du club. Il y a aujourd’hui encore des groupes de travail pour continuer à développer et déployer ce projet, que ce soit au niveau administratif ou sportif dès les tous petits jusqu’aux grands. Les choses bougent, le club est en mouvement. L’objectif de la saison passée était de remonter immédiatement, ce qui a été fait. Maintenant le fait de remonter en Ligue 2 n’est pas une fin en soi. Ce qui est rageant, c’est qu’une minorité critique sans connaitre le travail de fond qui est engagé, l’investissement, l’implication au quotidien. Certains ne  jugent que sur la partie visible de l’Iceberg. Nous sommes tous frustrés, encore une fois, des résultats de cette première partie de saison. Mais je pense que depuis un an et demi, nous sommes sur la bonne voie. L’état d’esprit général du club change. Notre défaut, dans un monde ou il n’y a plus que de la communication est peut être de ne pas communiquer sur tout ce qui est entrepris. Mais si on passait notre temps à communiquer, on ne ferait plus rien de concret ! Pour moi, le plus important est l’intérêt supérieur du Stade de Reims. Je lis régulièrement des choses négatives, venant de gens qui étaient partis du club (joueurs ou autres). Que font-ils sinon cracher dans la soupe qui les a nourris et insulter tous ceux qui œuvrent au quotidien pour le Stade ?

 

Ma demande aujourd’hui à toutes les composantes  du club est d’être en recherche permanente de performance, d’efficacité, d’exigence pour que nous soyons tous meilleurs, ensemble, pour que le club soit meilleur. Ce club a des qualités, des atouts à tous les niveaux. Des équipes sont constituées dans tous les domaines pour que nous soyons toujours plus performants. C’est un travail quotidien incessant.

 

 

3)   Les résultats, comme je l’ai déjà dit, ne sont pas suffisants mais j’ai confiance dans l’avenir. Nous avons un staff jeune mais qui travaille et progresse. Le groupe et l’équipe ont évolué depuis le début de la saison. Pour mémoire, nous avons pris 3 points sur les 6 premiers matches et 16 sur les 13 derniers. La aussi ce sont des faits. La méthode et l’esprit, les valeurs  que nous souhaitons développer se mettent en place. Il y a aujourd’hui un groupe, des hommes avec lesquels il y a un véritable plaisir à collaborer, ce qui n’était pas le cas lors de la saison 2008-2009. Vous savez quand vous apportez une nouvelle méthode, il faut toujours un peu de temps pour qu’elle porte ses fruits. Je ne demande pas que l’on nous signe un blanc seing mais moi je parle d’un club qui a beaucoup évolué et je parle d’avant et d’après mai 2009. Mais depuis mai 2009, je pense que nous sommes dans le vrai et que nous gagnons du terrain.

 

 

4)   Le public : Nous avons un métier public. Quand cela ne va pas, on comprend les réactions de mécontentement. Elles nous touchent. Maintenant, on parle des trains qui n’arrivent pas à l’heure mais je peux vous assurer qu’il y a aussi beaucoup de personnes qui nous témoignent quotidiennement de leur soutien. Ca réconforte beaucoup. Je tiens d’ailleurs à les remercier. Ce qui pose le plus de problème c’est que ceux qui scandaient des slogans lors du dernier match pénalisent leur équipe et leurs joueurs. Certains jeunes joueurs ont été déstabilisés et ont perdu une partie de leur moyen pendant le match de Clermont. En Angleterre, ça n’arrive jamais. C’est une spécificité française sans doute.

 

Aujourd’hui, rien n’est plus important que de soutenir notre équipe. Même en période de doute pour certains, il faut aller de l’avant, rester soudés, unis, sur le terrain comme dans les tribunes et manifester ainsi notre foi en l’avenir.

La seule bataille qu’on est certain de perdre est celle pour laquelle on ne mobilise pas toutes ses ressources et pour laquelle on n’engage pas toutes ses forces.

 

Je souhaite de bonnes fêtes de fin d’année à tous les amoureux du Stade de Reims. Joyeux Noël.

 

 

* Olivier Létang a joué sept saisons au Stade de Reims pour plus de 220 matches en équipe première.

 

 

 

 

 


 

 

 

23 Aoüt 2011 - Le retour de Gaëtan Courtet

 

Pour le plus grand bonheur de tous les gens du club et des supporters, tu es enfin de retour Gaëtan. Peux-tu nous dire pourquoi tu as manqué cette reprise ?
Tout simplement parce qu'après le match de Laval, je suis rentré à Lorient et j'avais remarqué des changements anormaux. Je suis allé voir un médeçin et j'ai appris que j'étais atteint d'un cancer. J'ai entamé une chimiothérapie qui a duré six semaines et c'est la raison pour laquelle j'étais absent.

 

Tu n'as pas perdu le moral ?
Le traitement se déroulait en deux fois trois semaines. La prémière période, ça allait dans ma tête, ce qui m'arrivait pouvait arriver à tout le monde et il ne fallait pas être abbattu. Je me suis dit que j'allais combattre la maladie et faire ce qu'il y avait à faire. Par contre, les trois dernières semaines, c'était plus compliqué car le foot et la compétition me manquaient énormément et parce que le traitement provoquait une certaine fatigue et des effets secondaires.

 

 

Ce traitement est complètement terminé ?
Oui, la semaine dernière et c'est fini désormais. Je suis guéri, c'est terminé !

 

As-tu suivi les résultats de l'équipe ? Tu étais à Lens notamment.
Le club a eu énormément de contacts avec moi. Il y avait toujours Olivier Létang ou le coach qui me racontaient ce qui se passait dans le club. J'étais au match de Lens, j'ai suivi Amiens à la radio, j'ai regardé le match à Monaco à la TV et j'étais à Delaune contre Arles/Avignon.
Je l'ai bien vécu dans un sens car l'équipe a fait de très bonnes choses. Quatre victoires en quatre matches, c'est beau ! Et d'un autre côté, j'avais de la frustration car ne pas pouvoir apporter son grain de sel c'est toujours compliqué. A moi de revenir désormais sachant que mes partenaires ont fait de très bonnes choses.

 

 

Tu te donnes combien de temps pour revenir ? Je sais que tu courrais pendant ton traitement, mais qu'en est-il aujourd'hui ? J'imagine que tu dois avoir des fourmis dans les jambes ?
Déjà oui ! (Rires). C'est clair que j'ai de l'envie mais il ne faut pas brusquer les choses. Le minimum c'est quatre semaines. Peut-être cinq ou six si mon corps réagit mal donc il me faudra un peu de patience.
Je pense d'abord repasser par la réserve puis essayer ensuite de retrouver le groupe. Mais rien que de sentir l'odeur de l'herbe aujourd'hui aux Thiolettes c'est super bon !

 

 

Propos recueillis par Jean-Bernard Philippot

 

 

 

Olivier, Gaëtan est enfin de retour à Reims !


Olivier Létang
« Nous sommes vraiment ravis qu’il soit de retour parmi nous. Ce fut une période difficile depuis fin mai au cours de laquelle nous l’avons suivi très régulièrement. Nous avons eu beaucoup d’échanges et de contacts avec Gaétan. Compte tenu du respect du secret médical, seul Gaetan est habilité à communiquer sur ce qu’il a vécu et ce qu’il vit. Nous avons respecté ce secret médical et avons communiqué de façon assez simple sur son indisponibilité. Comme toujours il y a eut des commentaires d’imbéciles, une minorité heureusement, qui communiquent sur des informations qu’ils n’ont pas. Je regrette que certains n’aient pas adopté un comportement plus respectueux. Mais à côté de cela, il y a aussi eu beaucoup de décence et de messages d’encouragement.

 

Avant toute chose, nous sommes vraiment heureux car comme nous lui avions dit début juin, le plus important est sa santé et qu’il prenne le temps pour bien se soigner. Comme nous le disons aux joueurs, avant d’être des footballeurs, ils sont des hommes qui peuvent comme tout le monde avoir des problèmes et nous sommes là pour les accompagner dans les périodes difficiles.

 

Pour revenir à Gaetan, au-delà du footballeur, nous sommes vraiment ravis pour l’homme et ce qu’il a vécu a fait que nous sommes aujourd’hui encore plus proches. Nous vivons une aventure humaine forte et nous sommes très attachés au garçon.

 

Gaetan revient mais c’est lui qui sera le guide en fonction de ses sensations. »

 

 

 


 

 

14 mai 2011 - Jean-Pierre Caillot "bonifier l'équipe dans tous les secteurs de jeu"

 

A deux journées de la fin, on peut présenter un premier bilan de la saison. Si la première partie a été difficile, la seconde a été très bonne, surtout si on ajoute aux résultats en championnat ce beau parcours en coupe de France. Quel est ton regard global ?
Comme on l’a déjà dit, suite à la descente en National, on a fait un bilan et redéfini notre stratégie. Bien sûr on a analysé les erreurs qu’on avait commises dans la préparation de la saison. Pêle-mêle, il y avait un difficile changement d’entraineur, un recrutement sur des joueurs ciblés qui ne sont pas venus malgré des engagements, des blessés (Kossi et Johann étaient blessés quand le championnat a repris, Kermorgant s'était mal soigné pendant ses vacances et Vincent a vite été out) et un certain nombre d’impondérables qui ont fait qu’on n’a pas eu le groupe qu’on voulait.


Mais on l’avait dit, si c’était du passé, il fallait savoir en tirer les conséquences. On est donc reparti comme on l’a expliqué alors avec une autre philosophie. On a constitué une équipe pour remonter en Ligue 2 et si on peut considérer logique cette accession, il faut aussi regarder autour de nous. Amiens a mis deux ans pour le faire, Strasbourg ne le fera sûrement pas, pour prendre des exemples récents.
Reims l’a fait directement. C’était bien un premier signe du travail effectué.


Cette saison était l’étape suivante dans le chemin que l’on a tracé pour le club.
On avait envie de travailler avec un jeune entraîneur qui n’avait pas roulé sa bosse dans le milieu.  On a choisi Hubert et le choix a été judicieux car force est de constater qu’il transmet les valeurs que l’on souhaite au Stade de Reims y compris dans le projet de jeu de l’équipe.
On  a un peu banalisé le fait qu’on soit promu avec beaucoup de  joueurs qui découvraient la division et d’autres qui intégraient ce groupe.
Il faut toujours un moment pour qu’un nouveau staff connaisse ses joueurs et il faut aussi qu’eux-mêmes apprennent à se connaître.

 

 

Effectivement, le début de saison a été inquiétant pour les supporters. Pour nous aussi.
Mais en y regardant de plus près, par rapport à ce qui s’était passé les années précédentes, il y avait un vrai fond de jeu. La qualité était là mais elle avait du mal à s’exprimer. On n’a pas eu non plus la chance du promu comme d’autres, avec beaucoup de tirs sur les poteaux, ballons sauvés sur la ligne, buts valables refusés, penalties non sifflés…


Il faut souvent un déclic pour que ces choses se mettent en place et il faut aussi savoir laisser du temps au temps.
Ce déclic a eu lieu à Evian puis au stage à Marcoussis pour faire ensuite, comme tu viens de le dire, une deuxième partie de saison remarquable qui laissera à tous beaucoup de regrets. Mais on y voit aussi beaucoup de positif, car il vaut mieux être en phase ascendante qu’en phase descendante.

 

 

Pour que continue cette phase, il y a plusieurs critères. Le premier c’est l’équipe. Plusieurs joueurs clés vont nous quitter…
Le premier critère c’est de conserver notre ligne directrice, c'est-à-dire les valeurs du club.
La principale est que ce sont l’équipe et le club qui priment. Pas l’homme. Chacun a laissé son ego de côté et a compris qu’il doit être au service du collectif. La saison prochaine, on aura encore cet état d’esprit. On va donc garder les joueurs qui ont ces valeurs et on va recruter des joueurs qui nous semblent avoir ces vertus.
Le deuxième atout c’est de continuer à travailler avec l’entraîneur en place et qu’il puisse renouveler et prolonger le travail qu’il a magnifiquement commencé cette année. Il faudra qu’il soit à la fois en confiance et qu’il ait suffisamment de sérénité pour développer son travail tout en préservant notre dynamique et c’est aux dirigeants de tout faire pour lui faciliter sa tâche.


En termes de joueurs, j’ai toujours dit qu’on avait de bons jeunes et qu’il était important qu’ils emmagasinent  de l’expérience. Cela a été fait à travers le parcours en coupe ou avec des matches comme celui de Sedan par exemple, avec 17 000 personnes dans le stade. On a des jeunes en qui on croit beaucoup et qui ont montré leurs qualités et dont on sait qu’ils ont un potentiel supérieur.
Ils peuvent faire mieux mais il n’y a qu’avec le temps qu’ils peuvent le faire. Rappelons-nous par exemple les feuilles de match de Clermont et Rennes en coupe, il fallait oser !
Il fallait donc impérativement passer cette saison pour que ces garçons soient plus mûrs. C’est chose faite.
Cela veut dire aussi que des joueurs comme Odaïr Fortès ou Romain Amalfitano, entre autres, puisque j’ai lu qu’ils étaient sollicités, seront conservés.

 

 

 

Même si un club amène beaucoup d’argent ?
Oui. On a été sollicité c’est vrai et on a donné une fin de non recevoir. Si on veut être ambitieux, il faut que l’on conserve les garçons auxquels on croit. De leur côté, ils doivent avoir la possibilité de rendre au club ce qu’il leur a apporté.

 

Quels sont les sentiments d’Hubert là-dessus ?
Evidemment c’est l’avis de la direction mais c’est aussi celui de notre entraîneur. Cet avis est partagé. Il faut le dire, il y a une osmose entre le technique et la direction.
Dans plein de clubs, certains coaches veulent conserver leurs joueurs mais les dirigeants doivent les vendre pour des raisons économiques.


On ne roule pas sur l’or mais la décision qu’on a prise ensemble est de conserver notre effectif.
On a quelques joueurs qui sont en fin de contrat. Il y en a très peu, il faut le dire aussi, car on a travaillé en amont du mercato sur la durée. Notre volonté est d’ailleurs de prolonger les joueurs qui sont encore sous contrat et en qui ont croit. On a par exemple prolongé Odaïr de 4 ans en début de saison ou Kossi pour deux ans, bien avant ses performances actuelles.


Pour les fins de contrat, on a fait plusieurs propositions à Thomas Gamiette en espérant qu’il resterait car on connait ses qualités sportives et humaines. Il connait le club, les joueurs et notre jeu ce qui est un atout considérable. On souhaiterait vraiment qu’il reste avec nous mais s’il décide de choisir un autre projet, on s y soumettra. Il est remplaçable évidemment,  comme tout le monde, et on attend sa réponse à  une date butoir. S’il ne répond pas favorablement, on passera à autre chose, comme on l’a fait l’an dernier avec Thibault Ferrand à qui on avait fait une (belle) proposition.
C’est le club qui prime et il n’est pas question qu’il soit pris en otage par un joueur.

 

 

D’autres en fin de contrat vont partir et ils auront d’autres expériences ailleurs. C’est le foot.


Parmi les joueurs encore liés au club, il serait intelligent pour tout le monde qu’un ou deux, en manque de temps de jeu, soient prêtés ou libérés. Le coach discutera avec eux à ce sujet.


On avait aussi deux joueurs prêtés, Grzegorz et Julien. C’était peut-être passé inaperçu pour certains mais il y a eu une belle négociation en début de cette année avec les Girondins de Bordeaux pour conserver Grzegorz dans notre effectif un an de plus alors que Tigana arrivait.
Malheureusement pour nous, aujourd'hui Grzegorz aspire à d’autres choses d’autant qu’il a été beaucoup sollicité par différents championnats. Les Girondins souhaitent le réintégrer car ils en ont besoin. Il faut surtout le remercier pour tout ce qu’il nous apporté. Chez les Ch’tis, on dit que les gens pleurent quand ils partent. Je pense qu’il pleurera et nous aussi car c’est un garçon extraordinaire (ému)…Il montre aussi a certain qui en doutait qu’un joueur prêté peut s’investir dans le club qui l’accueille. C'était un reproche entendu, il y a 2 ans !

 

 

 

Le deuxième c’est Julien. C’était l’Arlésienne d’il y a deux ans. Il a fait typiquement ce que l’on peut attendre d’un joueur prêté : un bon championnat où il a marqué 15 buts. Il s’est bien intégré. C’est une belle aventure humaine. Aujourd’hui, il retourne chez lui comme c’était prévu. La suite pour lui, soit elle aura lieu à Caen, soit ailleurs. Si jamais il ne devait pas rester à Caen, on est en contact avec leurs dirigeants pour voir si on peut l’accueillir à nouveau, sachant qu’un prêt ne nous intéresse plus vraiment. Sachant aussi que Julien a une rémunération qui nous amène aussi à nous poser des questions. Mais on étudie les différentes possibilités pour voir comment on pourrait l’accueillir le cas échéant.


Evidemment, on travaille en même temps sur beaucoup de dossiers car il faudra remplacer les joueurs qui nous quittent.


En clair, on regarde à renforcer notre défense, notre milieu de terrain et notre attaque.

 

 

 

La défense, parlons-en justement. Dans le constat que tu faisais sur le mauvais début de saison, n’y a-t-il pas un questionnement sur le fait que groupe n’était pas totalement complet ?
Romain et Lucien sont arrivés plus tard par exemple…
Si on a une excellente attaque on encaisse aussi beaucoup de buts. Que va-t-il être fait pour garder cette efficacité offensive et corriger l’aspect défensif ?
Il est rare qu’un groupe soit constitué dès le démarrage même si c’est la volonté de tous les dirigeants et entraîneurs. Ajaccio a démarré à 17 et aujourd’hui ils sont en haut. On sait qu’il y a toujours des contre-exemples en foot.
Aujourd’hui, on a une base. On a bon espoir de réaliser un certains nombre de dossiers avant le démarrage du stage. Certains le sont déjà et on les officialisera en temps et en heures.
Il reste ensuite toujours un coup de pinceau à réaliser. 300 joueurs sont en fin de contrat. Il faut à la fois aller vite mais aussi être patient sur d’autres dossiers.

On a vu la difficulté du dossier pour le défenseur central l’an dernier par exemple…
Oui mais c’était pour raisons financières. Parfois on pense qu’on peut le rentrer dans notre budget  et au dernier moment un joueur à une autre opportunité alors ça devient irréalisable.
Ces dernières années, après avoir fait le tour du marché Français, les joueurs regardaient aussi à l’étranger. Forcément, ça rend les choses encore plus compliquées.
Ce sera peut-être différent cette année mais il n’y a pas une équipe qui commence avec un effectif finalisé en totalité.
On a eu des carences défensives cette année. On a essayé de faire venir des joueurs d’expérience comme Lucien ou Fred. Lucien, sur le papier, c’est une belle décision. Mais il est arrivé en n’étant pas prêt physiquement et s’est ensuite blessé, ce qui a compliqué les choses pour lui et pour l’équipe.
C’est une grande inconnue. Il est jeune, il a un vécu, beaucoup de qualités, malheureusement il ne les a pas beaucoup exprimées chez nous. Il faudra voir s’il repart avec nous mais il fait partie du club.
Fred est venu pour rendre des services et est devenu titulaire.
Dans tout recrutement, il n’y a jamais cent pour cent de réussite. Mais depuis 2 ans, je considère que l’on a bien travaillé.
Anthony Weber par exemple découvrait la division. Malheureusement il a longuement été blessé. Si on l’a signé trois ans c’est parce qu’on pense qu’il a un potentiel très intéressant.

 

Revenons à la défense, que faire pour l’améliorer ? On a la dix-septième défense et la quatrième attaque…
C’est peut-être aussi lié à notre projet de jeu. En début de saison, nos attaquants n’ont peut-être pas fait les mêmes efforts qu’aujourd’hui.
On a eu une discussion récemment avec Hubert sur le match de Nîmes. On en a pris deux certes mais quand le ballon revient sans cesse, même la meilleure défense du monde encaisse des buts. Le chantier ne se résume pas simplement à mettre un joueur à la place d’un autre. Le chantier doit être considéré globalement, sur toute l’équipe, et dans son état d’esprit.
On va évidemment travailler ce secteur mais on ne va pas tout changer. On a des options différentes. C’est un chantier ouvert.


Il faudra de toute façon qu’on renforce aussi notre milieu de terrain car il faut déjà remplacer Grzegorz mais aussi donner de bons ballons à nos attaquants.


Il y a aussi évidemment ce couloir gauche à s’occuper.


Il est un peu tôt pour qu’on expose tout cela dans une interview. On a remarqué comme tout le monde qu’on a pris des buts et on va évidemment regarder comment corriger cela.


Je suis naturellement optimiste. On sait aujourd’hui qu’on peut marquer des buts. Il faut régler le chantier défensif et on va s’y atteler. On va bonifier l’équipe dans tous les secteurs de jeu. Mais la principale difficulté au foot reste tout de même de marquer des buts, dans ce domaine on a des certitudes. Régler le problème défensif, ce n est pas insurmontable, c’est même moins compliqué.


Aujourd’hui, on a une équipe qui joue comme on a envie de la voir jouer. A nous de donner les moyens au coach pour qu’il puisse continuer dans cette voie. Et je me répète, même en début de saison il y avait un fond de jeu mais on n’était pas à l’abri d’une erreur, d’un poteau, etc.…


Quand je parlais d’ondes positives, elles étaient là. Elles ont mis juste un peu de temps à arriver…

 

 

 

De ce fait, quelle ambition pour la saison prochaine ? On sent que tout le monde, je parle des supporters mais pas seulement, a envie d’aller plus haut…
Mais on n’a qu’une seule ambition depuis qu’on est ici, c’est d’emmener le Stade de Reims en Ligue 1. Légitimement, l’environnement veut y aller. C’est d’abord lié au palmarès du club et la journée passée avec Raymond Kopa et les anciens a encore souligné cet aspect. Il y a aussi la frustration d’attendre ce retour dans l’élite depuis plus de trente ans mais aussi un élément qui parle contre nous, c’est que tous les ans des équipes sans moyens supplémentaires aux nôtres réussissent ce challenge. Boulogne, Arles Dijon… n'avaient pas des atouts supérieurs à Reims. Chacun dit "pourquoi eux et pas nous". C'est un constat normal. On peut donc comprendre cette attente collective. Mais c’est aussi notre ambition.


Il faut  se méfier quand tu démarres une saison de donner cet objectif car tu mets beaucoup de pression aux uns et aux autres. On ne veut pas mettre une pression malsaine sur le début de championnat. Mais je le dis clairement, je pense que le travail réalisé va dans le bon sens et qu’il finira par payer.


Si on parle de la formation par exemple, le travail effectué par Didier Perrin sur le lieu de vie à venir est énorme.
Oui on a donc hâte d’y aller et oui on battit le club pour cela. Le plus tôt sera le mieux.
On a des vrais atouts aujourd’hui, de la passion, un super stade quoi que la sono soit un peu défaillante… :) et on n’a pas les handicaps d’il y a 5 ou 6 ans...

 

Sur l’aspect bâtiments, n’y a-t-il pas un problème aux Thiolettes. On constate de nombreuses blessures l’hiver par exemple…
Peut-être, je ne sais pas si c’est uniquement a Reims… j’ai lu dans une interview de Landry Chauvin (entraîneur de Sedan) qu’ils avaient eu un mauvais passage à cause des mauvaises conditions d’entraînement. Quand on connait les moyens qu’ils ont, on les envie. Pareil à Lens. Mais on travaille là-dessus. On espère passer une vraie étape si on arrive à installer le lieu de vie sur l’ancien site de la base 112.

Où en est-on ?
Le principe est de récupérer une partie des terrains et des infrastructures de la base 112 et d’y installer le lieu de vie et le centre de formation. L’avantage considérable, c’est que les infrastructures existent. Il faudra ensuite y réaliser les terrains mais par rapport à notre plan d’investissement, c’est tout à fait réalisable par le Stade de Reims. On gagnerait beaucoup de temps avec ce projet et ça irait très vite. C’est une hypothèse parfaitement réaliste pour le club. Ce n’est pas le projet Mènes /Warmeriville…Là, on est dans du concret.

 

 

 

Puisque tu parles des finances, si on peut évoquer cet aspect… parlons du budget tout d’abord.
Comme tous les ans, on n’aura pas le plus gros budget parce que des gros clubs vont descendre et bénéficier de l’aide à la rétrogradation, mais on n’aura pas non plus le plus faible.
Le budget n’est pas l’élément essentiel, mais avoir de l’argent c’est bien. Ceci dit, il faut voir ce que l’on met dans ce budget.
Aujourd’hui on a une des taxes sur les spectacles les plus chères de France donc on ne peut pas comparer les budgets. Certains clubs ne payent rien pour cette taxe et nous, quand on fait venir 17 000 personnes, on paye 12% de taxe, ce qui commence à faire de l’argent. La location du Stade, la location des terrains… certains conseils généraux mettent des avions à disposition, le Conseil Général des Ardennes lui donne un million d’Euros à Sedan…Nous on reçoit 0 du notre ! On n’est pas tous a égalité.


Il faut donc comparer toutes ces données.


S’il y a des domaines où on peut nous faire quelques griefs il y en a bien un qu’on ne peut pas attaquer. Le club est  bien géré et a toujours passé sans problème à la DNCG. Nous avons toujours réalisé des profits  sauf évidemment l’année de national.


Aujourd’hui notre business plan est respecté. Le seul problème est qu’on a un client majeur qui a des difficultés. Encore une fois, c’était une excellente décision de gestion de remettre nos droits à une régie publicitaire, laquelle nous assure un vrai revenu, ce qui est important pour réaliser un budget.
Malheureusement, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec nous, cette régie a des difficultés financières. Mais si elle règle ses factures comme on nous le dit, on sera redevenu dans notre gestion positive.

Et si elle ne paye pas ?
Si elle est mise en règlement judiciaire, ce qui est dans le domaine du possible dans le monde des entreprises, ça fera comme pour les entreprises qui ont un gros client qui ne les paye pas, ça nous mettra en difficulté.
Mais ça n’arrêtera pas le club pour autant. Une fois de plus et bien que ça ne nous fasse pas sourire, Didier Perrin et moi-même avons cautionné notre passage à la DNCG. On espère qu’elle ne sera pas activée car ce serait profondément injuste, mais ça ne remet pas en cause la viabilité du Stade de Reims.

 

Propos recueillis par Jean-Bernard Philippot

 

 

 

 


 

 

 

 

Propos recueillis par Jean-Bernard Philippot

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